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Juil 26

C’est faux ! Il n y a pas de guerre à Ghaza !

Dans un billet publié ici, j’avais constaté que l’évolution au proche orient avait transformé le Conflit Israëlo-Arabe, en un simple litige entre les palestiniens et Israël, et qu’il n’avait été laissé au peuple palestinien que le choix entre le néant et le non-être. Avec le déclenchement des récents événements dans la région, je me rends compte que j’avais raison pour la première assertion, et tout à fait tort pour la seconde. Ceux qui décident pour eux, pour nous, et pour tous, semblent avoir opté pour la « Solution finale« .

Pendant que je ressassais, sous l’ampleur de l’émotion et le poids du choc, des bribes d’idées pour essayer d’exprimer une partie de ce que je ressentais à l’égard desdits événements, je tombe sur cet article publié sur Mondoblog, par mon ami Naoumane, exprimant ce qui se passe dans « son monde » qui, apparemment, n’est autre que le mien. Le sérieux et la maîtrise avec lesquels il a traité le sujet m’ont redonné une certaine sérénité. C’est seulement ainsi que j’ai pu mettre en ordre désordonné, un bouillon malaxé à partir des fragments d’idées qui me traversaient l’esprit et des éléments d’une exécrable humeur née des images que ne cessent de passer, en boucle, les chaines télévisuelles.

Je ne sais pour quelle raison les médias du monde parlent de guerre à Ghaza, en Palestine. Une guerre, c’est entre deux Etats, non ? Une guerre a lieu, habituellement, entre deux armées qui s’affrontent, n’est ce pas ? Mais à ma connaissance, Il n y a qu’un seul état là-bas, qui s’appelle Israël. Il n’y a aussi, là-bas,qu’une seule armée, qui serait la quatrième au niveau mondial, chouchoutée TSAHAL. C’est l’armée de l’Etat Hébreu. Le seul qui existe, jusqu’ici, en Palestine. Un Etat qualifié de démocratique, et qui préfère maintenant qu’on lui accorde le statut d’Etat religieux, en l’occurrence Juif. Pourtant, personne n’ose l’appeler l’Etat des Hakhams, alors que celui Islamique d’Iran est toujours appelé, avec dédain et mépris, l’Etat des Ayatollahs, ou des Mollahs. Mais ceci, malgré son importance, n’est pas notre préoccupation pour le moment.

Notre préoccupation pour le moment est la soi-disant guerre supposée se dérouler à Ghaza. Nous avons dit qu’il fallait d’abord, deux Etats, au moins, pour faire une guerre. Mais ici il n y ‘en a qu’un seul. Il est vrai, et c’est peut-être ce qui a induit les médias et autres officiels en erreur, qu’il devait y en avoir deux. C’était l’objet d’une décision de ce truc de l’ONU que le Général Charles De Gaulle, à juste titre, appelait « le machin », et que le célèbre chroniqueur de Rfi, Mamane, appelle l’Organisation des Nations Inutile (l’organisation). Le machin avait, pour satisfaire une promesse de la grande Bretagne contenu dans la célèbre déclaration de Balfour, s’engageant, suite au déclin de l’Empire Ottoman, d’une part, et pour amortir et résorber les séquelles des péripéties de la seconde guerre mondiale, d’autre part, décidé de créer deux Etats, Israël et la Palestine.

Ils vont créer Israël, et lui donner les moyens matériels, et la protection politique, pour engloutir, avant qu’il ne puisse voir le jour, l’autre Projet d’Etat de Palestine. Ils l’ont fait sciemment, pour réparer un sentiment de culpabilité à l’égard des juifs. Sentiment, devenu complexe, dont ils n’arrivent pas à se départir à nos jours, en raison des affres subis par ceux-ci au cours de la seconde guerre mondiale.

Ainsi on ne peut pas remettre en question l’holocauste, les chambres à gaz, les fours crématoires, les déportations, les camps de concentrations, et toutes autres humiliations ou vexations subies par les juifs au cours de la guerre 39-45. C’est ce qu’on appelle le négationnisme, et il est répréhensible.

Par contre, on a quasiment le devoir de renier au peuple palestinien tout droit à exister comme entité libre sur un territoire viable, respectable, et respecté. Il est condamné, depuis bientôt 66 ans à vivre, non seulement, une négation de fait, mais aussi à essuyer les foudres et salves d’un occupant qui devait, selon le montage initial du « machin », constituer un voisin paisible, un frère, un ami et un partenaire.

Ces salves et foudres, le peuple palestinien les essuie aujourd’hui, au vu, au su, et avec la complicité active de certains, et passive de tout le reste du monde. Ce qu’on appelle la communauté international, ou pour faire plus moderne « the international communauty », appelle « les parties » à la retenue, sans oublier le préambule immunisant de « Israël a le droit de se défendre« . La retenue suppose qu’il s’agisse de deux protagonistes de même niveau. Le droit tant scandé qu’Israël a le droit de se défendre, suppose qu’il est menacé par un ennemi de taille. Les deux concepts de retenue et de droit à se défendre, sont l’incarnation de l’hypocrisie écœurante, de cette communauté internationale, dont on a toujours  du mal  à cerner les contours. Est-elle « le machin » de l’ONU, les choix étasuniens, ou plutôt les positions européennes, ou bien les intérêts de l’Etat d’Israël. Comprendra qui pourra, c’est qui, ou quoi, la communauté internationale.

On veut nous faire croire que l’Etat Hébreu est menacé. Peut’il l’être après avoir contraint plus du tiers des palestiniens à l’exil. La plupart entre ces exilés sont condamnés à un statut d’éternels réfugiés, au Liban, en Syrie (déchiquetée), en Jordanie, et partout dans le monde. A tous ceux-ci, Israël refuse catégoriquement, avec la bénédiction de « sa communauté internationale », tout droit au retour. Israël pourrai-il être menacé par les deux bantoustans, au sein desquels il a confiné tous ceux qui n’ont pas pu être pris en charge, directement, par son administration pénitentiaire.

mur honte palestine

Le mur de l’apartheid

Les deux bantoustans de Cisjordanie, avec Ramallah comme capitale de la très symbolique, peu efficiente, et très controversée « Autorité palestinienne », et celui de la bande de Ghaza gérée par le mouvement Islamiste Hamas. Le premier, où sont regroupés ceux qui ont fait le choix de négocier à vie, sans rien avoir en vue. Le second, un goulag, la plus grande prison à ciel ouvert que je connaisse, où ceux qui, déçus par les résultats des choix « négociationnistes »  des locataires de Ramallah, et forts de leur élection au cours d’un scrutin certifié transparent et démocratique par la « communauté internationale », ont choisi une position de refus du seul choix entre le néant et non-être.

Ce choix, leur a valu d’être mis en quarantaine par Israël, et « sa » communauté internationale. Ainsi, près de deux millions d’êtres humains, sont soumis depuis sept ans à un embargo total, et un blocus terre-air-mer. Ils ont été obligés, pour survivre, de creuser des trous, comme des rats, pour s’approvisionner. Aucun autre choix ne leur avait été laissé.

Ce sont ces Ghazaouis, tels que je vous les ai décrits, avec un souci réel d’objectivité, qu’on qualifie aujourd’hui de grande menace pour Israël, et que les deux parties sont en guerre. C’est faux, il n y a pas de guerre à Gaza. Pour qu’il y ait guerre, nous l’avons déjà dit, il faut deux armées. S’il y a guerre à Ghaza, elle n’est pas seulement asymétrique comme le disent, de nos temps, certains experts, mais aussi atypique.

En effet, il y a une force d’occupation qui a une armée réputée parmi les meilleures au monde. Cette force d’occupation, après les sept ans d’embargo-blocus, n’a pas réussi à dompter la population palestinienne qui, de temps à autre, s’efforcent de signifier à l’occupant, son refus de capituler, et son rejet aussi bien du statut de néant que celui de non-être. Pour ce faire, un pétard, de plus en plus perfectionné, est envoyé de l’autre côté de la barrière, en guise de pichenette au dôme de fer.

Devant cette obstination des palestiniens à exister, et devant l’attitude invariablement hypocrite d’un monde, malheureusement, de plus en plus insensible à l’injustice, les Israéliens semblent avoir opté pour la « Solution finale ». Ainsi ont-ils lancé leur terrible machine de guerre pour exterminer tous ceux ce que la faim et le manque de médicaments n’ont pu venir à bout.

Sans que la communauté internationale ne s’en émeuve, Israël a demandé :

        • à plus de 100 000  personnes de vider leurs maisons pour…les détruire.
        • à ceux que les snipers israéliens ont raté, et qui ce sont réfugiés dans les écoles, même celles du machin de l’ONU qui s’occupaient des réfugiés (chez eux), pour… les détruire.
        • aux médecins, et autre personnel soignant, de sortir des hôpitaux et centres de soins pour….les détruire.

Les soldats, Tanks, avions, et drones de Tsahal ont détruit des lieux de culte, bombardé des ambulances, mitraillé d’autres qui ont accourut  pour leur porter assistance, tué des secouristes, et empêché le personnel humanitaire de venir en aide à personnes en danger ou procéder à la récupération de dépouilles.

On propose des trêves ou cessez-le feu, dont les objectifs seraient de:

        • permettre de récupérer les cadavres. Cent cinquante auraient été sortis ce jour des décombres. Enterrer les morts, pour qu’on en tue davantage, à la reprise des bombardements…
        • approvisionner les  hôpitaux (qui restent) en médicaments et produits de soins, en vue de… les détruire avec.
        • donner aux populations la possibilité de s’approvisionner en denrées alimentaires, manger, et boire, pour …..les massacrer ensuite.

C’est faux, il n y a pas de guerre à Gaza ! Il y a un vrai massacre, avec préméditation, d’une population opprimée depuis deux tiers de siècle par une force d’occupation qui ne respecte aucune foi, et ne ne se soumet à la moindre loi. Il y a un génocide qui se déroule devant un monde dépourvu, il me semble, de toute son humanité. Certains parlent de crimes contre l’humanité ! Où est celle-ci ? Les actes que je vois, évoque plutôt l’animalité, la loi du plus fort, celle de la jungle.

Au moment où j’écris, avec une main tremblante, ces lignes qui n’arrivent pas à exprimer une infinitésimale partie des tréfonds de ce que je ressens comme sentiment d’injustice, il y aurait plus de mille morts. Les blessés, par milliers, ne se comptent plus. Sournois, les communicateurs de ce nouvel Holocauste, nous parlent de « victimes civiles ». Pour un peuple de résistants, tous sont civils, et la totalité sont militaires pour défendre leur dignité, et leur droit de vivre, et à exister.

Ce n’est pas la première fois que Ghaza vit sous les bombes fournies à Tsahal par les USA et l’Europe. Le peuple palestinien, où qu’il se trouve, refuse de se résigner au statut de sous-êtres. Pour exprimer cela, je n’ai pas trouvé plus éloquent que la déclaration de cette femme qui disait devant la caméra d’une télévision « s’il ne nous est donné que le choix entre une lente agonie, et une mort instantanée sous ces bombardements, nous préférons mourir tout de suite, avec la tête haute« .

Je peux me risquer à pronostiquer que Israël ne gagnera pas cette guerre. Pour la simple raison, que gagner la guerre, c’est faire la paix. Israël ne semble pas encore avoir compris qu’il a besoin d’une paix, en reconnaissant aux palestiniens le droit d’existence dans des frontières viables, qu’il veut imposer pour lui seul.

Israël réussira, sans aucun doute, à détruire plusieurs tunnels. Mais il n’arrivera jamais à détruire celui au bout duquel, les palestiniens verront la lueur de l’aube de leur légitime aspiration à la liberté.

(4 commentaires)

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  1. Boubacar

    Non, Israël ne gagnera. Il peut tuer les palestiniens, mais ne tuera pas tous. Et un jour des voix s’élèveront en Israël pour demander d’arrêter ça! Et ce jour est proche.

    1. admin

      Merci mon frère et ami Bouba! Ton passage, honore ce Blog, et aussi son humble auteur. Tu as raison : on ne peut pas tuer la vérité, on n’étouffe jamais la juste cause d’un Peuple !

  2. eli

    Ce conflit est complexe avec les USA qui en revendiquent la médiation alors qu’a cause de l’influence des lobbies ils n’ont pas les mains libres. Ce conflit ne peut que persister tant que le choix des armes sera privilégié. La solution de deux Etats juif et palestinien est tout simplement incontournable.
    Bonne analyse.

    1. admin

      Les USA veulent jouer aux médiateurs, au moment où ils revendiquent le statut de « protecteur d’Israël ». C’est être juge et partie. L’érection de deux états est la seule solution. Elle aura aussi pour effet induit, d’atténuer les extrémismes, exacerbés par le sentiment de partialité des occidentaux dans ce dossier.
      Merci d’avoir marqué ton passage ici. Il me fait honneur que tu sois un habitué! Amicalement, Debellahi

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